Faut-il vraiment classer GatherContent dans la catégorie Content marketing  ? La question se pose, tant la solution se démarque de celles que nous avons évaluées jusqu’à présent. Ici, pas de modèle projet qui impose de documenter de manière rigoureuse les personas et les étapes de son tunnel de conversion, comme c’est le cas avec DivvyHQ. Pas de gestion non plus des cycles de recyclage des contenus à l’instar de ce que propose Scoop.it Content Director ou CoSchedule. Quant au calendrier, qui fait souvent office de pierre angulaire dans la majorité des solutions de marketing de contenu, il n’est pas ici aussi structurant. GatherContent a préféré architecturer sa solution autour du « projet éditorial ».

« Au cœur de GatherContent, le projet éditorial »

Toute la cinématique de la solution tourne en effet autour du projet éditorial auquel sont associés workflow, templates, fichiers, calendriers et, bien entendu, contenus. Le plus logique consiste d’abord à s’attaquer à la personnalisation du workflow. Rien de bien compliqué : il suffit d’éditer les étapes-clés et de les ajuster via quelques « drag and drop » pour dessiner le circuit de la copie. Les rôles, paramétrables de manière très fine, régulent les autorisations des contributeurs, et notamment leurs droits à faire passer un contenu d’une étape à une autre du workflow.

Workflow de Gather Content

Un workflow totalement personnalisable

Place ensuite à la conception des templates. GatherContent met à disposition une interface là aussi très visuelle. Un projet peut embarquer plusieurs templates structurés selon les besoins (articles d’actualité, interview, infographie…). L’administrateur du projet dispose de champs variés (texte, boutons radio, cases à cocher, fichiers à attacher) pour composer les templates. Des champs « guidelines » sont aussi prévus pour documenter l’ensemble et aiguiller les futurs contributeurs.

L’intérêt de ces templates est de faciliter le cadrage de la copie (un calibre maximal peut être associé aux champs de texte) comme de l’édition. Afin de disposer d’un article prêt pour publication, l’éditeur peut ainsi prévoir dans un template un champ titre et un champ résumé, mais aussi un titre SEO, une description SEO et tous les tags requis pour compléter une taxonomie.

Template de GatherContent

Des templates pour structurer la copie

Ce travail accompli, il est temps d’importer ou de créer les premiers contenus. Une fois le template de destination choisi, GatherContent propose un éditeur confortable et conçu pour un travail collaboratif. Notes, commentaires, versions, historique des actions, toutes les informations contextuelles sont accessibles depuis le même panneau latéral. C’est aussi depuis ce panneau que le contenu est transféré à d’autres personnes pour des tâches à venir.

« Des templates pour cadrer la copie et l’édition »

Résultat, chaque utilisateur visualise sur sa page d’accueil les tâches en suspens qui lui reviennent et la proportion des contenus ventilés dans chaque étape du workflow. Un coup d’œil au calendrier suffit pour visualiser les échéances fixées statut par statut pour l’ensemble des contenus, du synopsis par exemple jusqu’à la publication.

Calendrier de GatherContent

Le calendrier pour visualiser les échéances selon les statuts des contenus

La publication justement. Reconnaissons-le, la mécanique proposée par GatherContent nous a arraché un « Wahouuuu ». Tout d’abord parce que la solution se montre capable de s’intégrer avec un très large panel de solutions : des CMS connus tels que WordPress et Drupal, mais aussi des moins connus tels que Kentico, Sitecore ou Umbraco. À noter aussi une intégration en cours de développement avec Hubspot (à quand avec Marketo ?). Mais c’est surtout la manière de « mapper » les contenus de GatherContent au sein du CMS de destination qui retient l’attention.

« La fonction qui impressionne : le mapping exhaustif des champs entre GatherContent et un CMS »

Testé dans WordPress, ce mapping se matérialise via un plugin. Depuis le back office du CMS, toutes les informations contenues dans GatherContent vont pouvoir être mises en correspondance avec celles de WordPress : le type de post (article ou page), le statut (brouillon, publié, etc.), l’auteur (associé à un auteur WordPress), ainsi que l’ensemble des champs définis dans les templates. Les boutons radio peuvent ainsi devenir des tags, les cases à cocher des catégories, tandis que le titre SEO renseigné dans GatherContent alimente le titre SEO du plugin Yoast (plugin dédié au SEO). Bref, ce mapping est exhaustif et, une fois calé, c’est avec sérénité qu’on lance l’import des contenus dans WordPress.

Mapping depuis le plugin WordPress de GatherContent

Mise en correspondance des champs GatherContent et WordPress

Ceux qui ont dû (et doivent encore) gérer des migrations de CMS ont forcément esquissé un sourire à la lecture de ces lignes. Oui, GatherContent n’est pas seulement une plateforme de collaboration autour des contenus ; la solution assure un rôle de référentiel. En quelque sorte, avec elle, les contenus sont à l’abri, dans un format pivot, et prêts à être réinjectés si besoin dans un nouveau CMS.

Alors, toutes ces fonctions font-elles de GatherContent une solution de content marketing ? Il serait plus honnête, comme le formule l’éditeur dès sa page d’accueil, de la désigner comme une plateforme de gestion des contenus web. De fait, son modèle de données n’est pas par défaut câblé pour les figures imposées du content marketing que sont les personas ou les étapes de conversion. Toutefois, la solution est assez souple pour que l’on puisse organiser le contenu à cette fin.

@GatherContent > réponse pragmatique aux enjeux de la collaboration autour du #webcontent Click To Tweet

Surtout, GatherContent apporte une réponse très pragmatique à l’enjeu de la collaboration autour des contenus, dans la pratique souvent bien plus critique que celui des personas. [Digression : ceci est un avis très personnel conforté par une étude Sirius selon laquelle, sur les marchés BtoB, le coût total réel de la création de contenu est 3 à 10 fois supérieur à celui estimé par les organisations. En cause : les coûts « internes »…].

Voilà sans doute pourquoi, je n’ai pas trop de difficulté à m’imaginer mettre GatherContent entre les mains de certains de mes clients. D’autant que le modèle tarifaire s’annonce raisonnable. Modulé en fonction des contenus et projets, il commence à 79$/mois pour 500 contenus et 10 projets. Il faut compter 249$/mois pour 2000 contenus et 50 projets. Et, dans tous les cas, le nombre d’utilisateurs est illimité. Simple et lisible. Dernière précision : la solution peut être essayée gratuitement durant 30 jours, un temps de mise à l’épreuve que l’on aimerait voir proposer plus souvent.

 

+ Des workflows et templates personnalisables sans complexité excessive
+ Un import des contenus dans les CMS très efficace
+ Une période d’essai de 30 jours
– Interface not in french ;-)
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